Centre Claude Cahun

pour la photographie contemporaine

Centre Claude Cahun

(Au) revoir photographie

Israel Ariño

Exposition 10 septembre — 19 décembre 2026 → Centre Claude Cahun



Cette exposition entre dans la programmation du Bicentenaire de la photographie du Ministère de la culture et du festival de la QPN. En coproduction avec la Galerie Dityvon d’Angers. L’exposition bénéficie d’une bourse de l’agence nationale de l’Action Culturelle Espagnole (AC/E).

Dans le cadre du Bicentenaire de la photographie le CCC a eu envie de fêter l’art du détournement et de la matière photographique en proposant une carte blanche au photographe catalan Israel Ariño. Dans ses œuvres, Israel met en scène des images qui s’attachent au réel pour mieux le détourner. Ce photographe et éditeur explore les différentes narrations des images photographiques pour mieux regarder la photographie comme l’art du faux. Il inscrit ainsi sa pratique aux racines de la photographie, autour du travail d’Hippolyte Bayard, quand le réel se parait de fiction pour mieux se montrer, quand la place du soupçon était encore possible face a des images qui affirmaient, contre toute définition scientifique, l’imaginaire qu’ouvre la création.

Émilie Houssa


On nous a dit qu’il n’y avait rien et nous sommes allés le chercher
Un projet d’Israel Ariño en collaboration avec Irma Estrada.

Ce projet s’est créé le long d’un double déplacement, celui de l’action même de marcher, d’arpenter, pas à pas, les lieux et les recoins d’un territoire, et celui du questionnement constant qui tendait, plus qu’à trouver des réponses, à imaginer de nouvelles questions qui nous permettaient d’établir un dialogue autour des réalités possibles. Ce parcours est nourri d’une double approche, celle de la photographie et celle de l’anthropologie, proposant deux rapports distincts ainsi que deux langages qui se mêlent pour finalement présenter un univers issu autant de l’écoute et de la compréhension de l’humain que du jeu du regard et de l’interaction.
Le point de départ a été une phrase : « ici, il n’y a rien ».  Qu’est-ce que ce rien, si présent sur toutes les lèvres ? Essentiellement, le rien est une négation ou une absence, alors de quoi nous parle sa presque omniprésence ? Quel est le sens matériel de ce rien, quelle forme prend-il ? Nous avons cherché le rien, nous l’avons trouvé et l’avons perdu de nouveau une centaine de fois, pour qu’il devienne finalement quelque chose de plus en plus inaccessible, volatil, soluble.
La série est une sorte de cartographie, une constellation de repères. Les mystères et les tensions qui soulignent la fragilité du paysage, naturel et humain, ainsi que nos propres limites pragmatiques, se présentaient à nous comme des énigmes. Loin de nous bloquer, ces énigmes nous permettaient de viser plus loin, à la recherche des nouvelles couches sédimentaires, moins manifestes, qui contribuaient à de nouveaux questionnements. Nous avons proposé un déplacement du réel au symbolique et de l’imaginaire à l’imagination, pour raconter quelle avait été notre façon d’être et de partager le territoire. 

Ce projet a été réalisé dans le cadre d’une résidence de création mise en place par le Centre d’Interprétation de l’Architecture et du Patrimoine (CIAP) d’Amiens, entre avril 2021 et juin 2022, autour des communes d’Amiens Métropole.

Irma Estrada, anthropologue


Les Revenants et d’autres esprits crieurs

Les revenants et d’autres esprits crieurs est une série réalisée par Israel Ariño en collaboration avec Emmanuel Reuzé dans le cadre du projet Territoire d’expériences, expériences du territoire, initié par le Carré d’Art de Chartres-de-Bretagne et L’Aparté, lieu d’art contemporain.
Dans cette série, Israel Ariño poursuit son exploration des procédés photographiques anciens et de leur pouvoir d’évocation. Réalisées sur des plaques de verre de 50 × 50 cm selon la technique du collodion humide, les images semblent surgir d’un temps indéterminé, à la fois archaïque et contemporain. Ce procédé, souvent considéré comme une forme de « Polaroid » du XIXe siècle, confère aux photographies une présence singulière, où le réel paraît constamment traversé par l’imaginaire.
L’adoption du collodion humide ne relève pas seulement d’un choix esthétique ; elle engage une réflexion sur la nature même de l’image photographique. En instaurant une distance avec le visible, elle favorise une expérience mentale du regard et ouvre un espace où mémoire, fiction et perception se confondent. Les figures qui habitent ces images évoquent des revenants, des apparitions ou des présences incertaines qui réactivent mythes, récits populaires et croyances liées aux lieux.
À cet univers visuel répondent les textes d’Emmanuel Reuzé. Empruntant les formes du documentaire, ils en détournent subtilement les mécanismes par l’absurde, le décalage et l’humour. Ce qui semble d’abord relever de l’observation objective glisse progressivement vers l’invraisemblable, brouillant les frontières entre témoignage et fiction.
À travers ce dialogue entre image et texte, Les revenants et d’autres esprits crieurs interroge le statut de la représentation, les ambiguïtés du réalisme photographique et notre besoin de donner du sens à ce qui nous échappe. Entre apparition et disparition, visible et invisible, les œuvres ouvrent un territoire d’incertitude où l’étrangeté devient une forme de connaissance. Le spectateur est alors invité à habiter cet espace de trouble et d’enchantement, là où l’image cesse de montrer pour commencer à suggérer.


Biographie

Israel Ariño
Photographe, éditeur et formateur

Né en 1974 à Barcelone, Israel Ariño pratique la photographie depuis 1994. Depuis ses débuts, son œuvre se construit autour d’une réflexion sur l’acte de regarder. Sensible à la lumière comme à la matière, il utilise la photographie pour interroger, transcender et réinventer le réel.
Chacun de ses projets naît du désir que ses images contiennent et révèlent l’invisible, ce qui se cache derrière la surface, grâce à leur pouvoir de suggestion et à leur capacité à susciter la rêverie.

Il est l’auteur de sept monographies éditées chez Ediciones Anómalas. Ses œuvres ont été exposées à travers l’Europe et ont intégré de prestigieuses collections publiques et privées, telles que la Collection Neuflize à Paris, le Musée de l’Elysée à Lausanne, la Bibliothèque nationale de France ou encore le Museu d’Art Contemporani de Barcelona.


Événements satellites

Vernissage
Jeudi 10 septembre à 19h

Rencontre avec l’artiste
Vendredi 11 septembre á 18h

Workshop avec Israel et Clara Gassull
Décembre 2026
Plus d’informations sur cette page : Page du workshop
ou par mail : yolandemary@centreclaudecahun.fr

Présentation des livres des éditions Anomalas
Samedi 19 décembre á 15h


Infos pratiques

10 septembre - 19 décembre

Centre Claude Cahun
45 rue de Richebourg
44000 Nantes

Visite Flash chaque samedi à 16h
plus d’informations : contact@centreclaudecahun.fr

Du mercredi au samedi
De 15h à 19h

Entrée libre